LES TRIADES

4 décembre 2025
Conférence présentée par Gérard Bouan, auteur de « Chine, les guerres de l’Opium », Economica, 2021, et de « Triades et pouvoir », Les trois colonnes, 2025.
Les Triades, 三合会 Sānhéhuì
Pour expliquer la présence des triades en Chine, il faut faire un peu d’histoire, celle de deux dynasties, celle des Ming puis celle des Qing.
La Triade originelle était une société secrète née en opposition à la dynastie mandchoue des Qing à la fin du XVIIème siècle. C’est une société patriote qui voulait restaurer l’ancienne dynastie Ming.
Mais avec le temps, de structure d’aide sociale, elles sont devenues des groupes criminels.
La dynastie Ming (明朝) (1368 à 1644)
Elle fut la dernière dynastie chinoise dominée par les Han. Elle parvint au pouvoir après l’effondrement de la dynastie Yuan, dominée par les Mongols.
Ce fut un chef de guerre originaire du Sud, Hongwu (1368-1398), et allié de pirates, les « Turbans rouges », qui tira son épingle du jeu.
Il voulait que les familles paysannes vivent dans un mode de production autarcique, dans le système appelé lijia qui les organisait en groupes de familles chargées de répartir entre elles les impôts et corvées et plus largement d’organiser collectivement la vie locale qui devait aboutir à créer des classes héréditaires d’agriculteurs, d’artisans et de soldats, encadrés par l’administration, devant travailler pour le compte de l’empire et dégager d’importants revenus fiscaux. Ce système ne fonctionna jamais réellement en raison du faible nombre de fonctionnaires provinciaux. De plus, la vision d’une société statique et autarcique se heurtait aux réalités du temps, marqué par d’importants mouvements de population et une économie marchande dans laquelle les échanges commerciaux étaient essentiels
Les villes connurent une importante phase de croissance démographique et commerciale. Toute la vie économique fut affectée par cette nouvelle culture centrée sur la consommation.
Il y eut de grands projets de construction dont le Grand Canal impérial et la fondation de Pékin avec sa Cité interdite.
La population de la fin de la dynastie Ming est estimée à quelque 160 à 200 millions d’individus.
Durant le dernier siècle de la dynastie, les effets du petit âge glaciaire se firent sentir sur l’agriculture, les catastrophes naturelles et les épidémies, tandis que la vie politique à la cour puis dans l’empire devenait de plus en plus instable. L’effondrement de l’administration qui s’ensuivit fut un prélude à la chute définitive de la dynastie.
La dynastie Qing 大清, 清 朝 (1644-1912)
Elle est fondée par des tribus Jûrchen, qui se rebaptisent Mandchous au 17ème siècle, originaires du nord-est de la Chine. Les empereurs les plus connus sont Kangxi, Yongzheng, Qianlong et Pu Yi (le dernier empereur).
Sous le règne des Qing, la Chine atteint sa plus grande expansion territoriale. Elle connaît une croissance démographique formidable avec une population dépassant les 450 millions d’habitants au milieu du 19ème siècle.
la Chine connaît son âge d’or au 18ème siècle. Grâce à une maîtrise technique, les productions agricoles et artisanales connaissent un essor sans précédent et les échanges commerciaux à l’intérieur de la Chine sont en forte croissance.
Le siècle suivant est par contraste une phase de déclin. Le déséquilibre des finances, la corruption de l’appareil gouvernemental, une croissance démographique trop rapide et les soulèvements des habitants des régions périphériques assujetties aboutissent au milieu du siècle à une explosion sociale. La révolte des Taiping (1851-1864) et plusieurs soulèvements populaires qui lui succèdent mettent le régime à genou et saignent la population.
Les puissances coloniales occidentales (Royaume-Uni, France, Etats-Unis) ainsi que le Japon et la Russie, dont les armées bénéficient des progrès d’une révolution industrielle qui n’a pas atteint le territoire chinois, profitent de la faiblesse de la dynastie Qing pour imposer une suite de traités inégaux qui leur permettent d’imposer leur présence et leurs entreprises sur le territoire chinois.
À partir de 1898, un ensemble de sociétés secrètes mystiques et nationalistes, bientôt désignées sous le nom collectif de Poings de la Justice et de la Concorde, « Boxers », agissent contre les étrangers, les symboles de modernité et les chrétiens chinois, multipliant les attaques et les meurtres.
Dans les premières années du XXème siècle, des réformes sont entreprises pour tenter de sauver le système impérial, mais elles viennent cependant trop tard, entrainant la chute des Qing.
Le 10 octobre 1911, le soulèvement de Wuchang constitue le signal du déclenchement de la révolution Xinhai, menée notamment par les membres du Tongmenhui (société secrète); les provinces passent l’une après l’autre sous le contrôle des insurgés. Le 1er janvier 1912, la république de Chine est proclamée, avec Sun Yat-sen comme président provisoire.
Les Triades
Les triades auront aussi, très tôt, une dimension politique. Le premier président de la République de Chine, Sun Yat-sen, était lui-même un « 426 », soit un responsable de la sécurité et de la discipline, de la triade des Trois-Harmonies. Les triades participèrent à une révolte en 1811 qui déboucha sur la défaite des Qing et la proclamation de la République.
Plus tard, Tchang Kaï chek utilisa ses appuis au sein de la Bande Verte, une autre société secrète, pour éliminer les communistes de Shanghai.
La dimension économique des sociétés secrètes connaissait des formes très diverses mais était bien réelle. Les leaders des triades pourvoyaient aux besoins des travailleurs immigrés chinois, tels que les jeux, les alcools, l’opium et les prostituées. Ces commerces étaient alors légaux mais lourdement imposés.
Mais, dès le milieu du 19ème siècle, certains de ses membres avaient rompu avec l’idéal des origines et pratiquaient une violence gratuite au service de leurs seuls intérêts. Des loges de la Triade originelle sont ainsi devenues des gangs de voleurs et d’assassins.
En 1949, les communistes les déclarent hors-la-loi. Elles fuient alors la Chine Populaire pour s’installer à Hong Kong, Macao ou Taïwan. Dès lors, ces sociétés ne sont plus qu’un pâle reflet de leur glorieux passé. Toute leur activité se centre alors autour du crime organisé.
Le rattachement de Hong Kong à la Chine en 1997 a soulevé quelques inquiétudes chez les dirigeants mafieux. Cependant, le gouvernement chinois témoigne d’une étrange mansuétude à l’égard des triades. Ces groupes très riches réinvestissent une large part de leur argent sale sous forme d’investissements en Chine. Ainsi, le ministre de la Sécurité publique chinois d’alors, Tao Siju, a déclaré en 1995 que « les membres des triades ne sont pas tous des gangsters. S’ils sont de bons patriotes, s’ils assurent la prospérité de Hong Kong, nous devons les respecter. » Il a même affirmé que « le gouvernement chinois est heureux de s’unir à eux. » Le rattachement de Hong Kong et de Macao et l’ouverture économique de la Chine, va ainsi permettre aux triades de se réinstaller massivement sur le continent.
Organisation
Les groupements mafieux se divisent en trois niveaux. Au sommet trône un chef nommé Tak khunn, la « tête de dragon ». Il est aussi appelé le ‘Maître de la montagne ». Il donne les grandes orientations à son groupe. Peu de membres connaissent sa véritable identité.
Sous ses ordres, il y a plusieurs responsables. Ils ont conservé les noms traditionnels des officiers de loge.
Le « Bâton rouge », 438, spécialiste en arts martiaux, se charge du respect de la loi interne. Il est le 1er adjoint.
L’« Éventail de papier blanc », 415, s’occupe des finances.
La « Sandale de paille », 432, est le délégué en charge des relations avec les autres triades.
Le « Maître des encens », 426, a la tâche de recruter les membres.
Enfin, les membres les plus nombreux sont les « soldats », 49, qui constituent le bras armé de l’organisation.
Les lanternes bleues ne sont pas désignées par un nombre, car ils ne font pas partie de la triade, même s’ils exécutent tous les ordres possibles et inimaginables.
Plus on descend dans la hiérarchie, plus on retrouve des délinquants « mobiles », comme des délégations qui se déplacent à l’étranger pour créer un réseau mondial.
Intronisation
L’intronisation d’un nouveau membre répond à une cérémonie particulière. On décapite un coq dont le sang est mélangé à un breuvage alcoolisé. Le futur nouveau membre jure alors de rester fidèle à la société. Puis, il s’entaille un doigt et verse quelques gouttes de son sang dans la décoction préparée. Tous les membres présents trempent leurs lèvres dans la coupe afin de sceller sa promesse.
Une mafia bien installée en France
Cette criminalité s’est étendue au monde entier. Elle a suivi les mouvements migratoires au XIX siècle alors que de nombreux chinois cherchent de meilleures conditions de vie à l’étranger, principalement en Amérique du Nord et en Europe.
En début d’année 2023, le renseignement criminel et douanier publiait une note sur la criminalité organisée chinoise en France. Discrète et peu visible, la mafia chinoise serait désormais évaluée à “menace élevée”.
La diaspora chinoise en France serait la plus importante d’Europe. En 2011, on estimait le chiffre à environ 700 000 personnes. Majoritairement présente en Ile de France, également dans les Outre-Mer, notamment en Guyane. En région parisienne, certains lieux possèdent une forte implantation de la population chinoise, comme le « Chinatown » de Paris est le treizième arrondissement de Paris.
La communauté asiatique en France est hétérogène et compte principalement trois ethnies, les Teochew, les Wenzhou et les Dongbei. C’est au sein de ces trois communautés que les triades sont présentes.
Les Teochew sont un « groupe dialectal » originaire de la Province du Guangdong, au sud de la Chine.
La plupart des Teochew de France sont des Teochew du Cambodge, arrivés en France à partir des années 70, dans un contexte politique très troublé.
Entre 1970 et 1990, la France a accueilli 66 000 réfugiés du Cambodge. Parmi eux, on estime à 60 % le nombre de Cambodgiens Teochew.
Les Wenzhou, Wenzhou était un port prospère de traité étranger, qui reste bien préservé de nos jours. La langue et sa culture locale sont très distinctes, non seulement du reste de la Chine, mais aussi des régions avoisinantes : on y parle un dialecte de la famille de langue Wu, très différent du mandarin.
C’est une ville historiquement industrielle et considérée par les Chinois comme une ville riche où l’on pouvait trouver du travail facilement.
Etant située sur le littoral, cette ville est également connue pour ses émigrants qui quittent leur pays d’origine pour l’Europe et les États-Unis. Ils forment la plus importante communauté chinoise de ces trois ethnies.
Les Dongbei
Le Dongbei est une région correspondant à l’ancienne Manchourie située en région autonome de Mongolie Intérieure.
Le Dongbei est riche de gisements houillers, a été industrialisé sous l’occupation japonaise. C’était pour la RPC l’un de ses grands centres industriels, qui a été, à partir des années 2000, touché de plein fouet par la modernisation de l’économie et les privatisations : le taux de chômage y est élevé et de nombreux sites industriels sont très pollués. Ce qui a entraîné une émigration vers d’autres régions de Chine, mais aussi vers l’Europe.
Clans et associations de la mafia chinoise en France
Les organisations criminelles chinoises présentes en France seraient :
La 14K (十四K, Shi Si), originaire du Guangzhou (cantonais) et Hong Kong.
Le Wo group, (Wo Shing Wo ou 和勝和 ), originaire de Hong Kong.
Le Big Circle (Tai Huan Tsai ou 大圈仔 en cantonais), originaire de Hong Kong.
La Sun Yee On (“新義安”).
Articles de presse
En 1998, Libération reprend un article de Roger Faligo « Pourtant, il y a bien des « parrains chinois en France. » qui cite Zahng Xian Lin, alias Chiling, comme le parrain à Belleville de la triade “Soleil Rouge”. Il organisait des filières d’immigration clandestines. Il étend son influence jusque dans les associations venant en aide aux immigrés en situation irrégulière. Il infiltre les associations d’aide et d’assistance à la communauté asiatique en France. Il effectue un fichage des immigrés sous prétexte de constituer des dossiers de régularisation. Le véritable but est de réunir leurs informations personnelles afin de les arnaquer.
En 1991, il fait assassiner un autre parrain de Belleville, Rui Ping. En représailles, les soldats de Rui Ping crèvent les yeux de Chiling. Il aurait survécu mais serait retourné en Chine.
Après cet assassinat et le départ définitif de Chiling, c’est la guerre des clans: enlèvements, rackets sanglants et massacres de prostituées se succèdent. La violence prend le dessus.
La double face du Rongbao
Chaque année, un défilé a lieu dans le XIIIème arrondissement de Paris à l’occasion du Nouvel An chinois un somptueux défilé coloré avec à sa tête des personnages mythologiques. L’envers du décor est moins folklorique.
Une tradition chinoise, celle du yāsuì qián (« 壓歲錢 »). Des petites enveloppes rouges « Hongbao » contenant une certaine somme sont données entre les membres de la famille ou proches.
Toutefois, à l’occasion de la parade du nouvel an organisée à Paris, ces enveloppes sont glissées dans la bouche du dragon du défilé, on dit alors qu’il « mange sa salade ».
Libération dénonce cette pratique dans un article du 7 février 2000 : « Sachant qu’il est possible d’y glisser jusqu’à 10 000 F par coupures de 500, démonstration en fut faite , que la loi anti blanchiment oblige à justifier l’origine de tout dépôt en espèces supérieur à 50 000 F, combien de petites enveloppes rouges peut-on déposer chez son banquier favori ? En quantité illimitée, répond une note de service de la Banque de France, au nom du respect des minorités culturelles. Chaque année, à l’occasion des festivités du nouvel an lunaire, des agents de la banque centrale ont donc la surprise de voir débarquer quelques clients munis d’une valise pleine de petites enveloppes rouges. »
À Hong Kong, ces festivités sont subventionnées par des triades qui récupèrent les fonds par le biais de la danse du dragon qui « mange sa salade ». Les policiers français voient à travers ces festivités un moyen de blanchiment sous couvert de manifestation culturelle.
Un documentaire réalisé par Elvire Berahya-Lazarus au début des années 2010 revient sur le phénomène d’investissement en masse dans bars-tabac par des français d’origine chinoise.
« Quand des asiatiques investissent massivement dans un secteur, cela attire des soupçons. Il apparait l’idée de la résurgence d’une sorte de “mafia”. La prospérité de cette communauté suscite parfois l’idée qu’il y aurait une origine frauduleuse des fonds, voire un lien avec la mafia. »
Le rachat des bars tabac PMU est étroitement surveillé par lLa direction centrale de la Police Judiciaire à Nanterre dispose d’un service spécialisé qui enquête sur les futurs acquéreurs, recherchant les preuves de l’origine des fonds des acquéreurs afin d’éviter une transaction qui soit en réalité du blanchiment d’argent.
Dans son rapport annuel paru en 2013, le SIRASCO (Service d’Information de Renseignement et d’Analyse Stratégique de la Criminalité Organisée) pointe du doigt le fonctionnement autarcique de la mafia chinoise. Celle-ci « délègue le moins possible et ne s’appuie que rarement sur les autres réseaux criminels ». Cette mafia propose ses services à des groupes criminels extérieurs mais pour sa gestion, tout est fait en interne, en autonomie. Opaque, l’univers des réseaux criminels chinois est difficile à pénétrer.
Le problème de l’interprétariat
Ce problème est récurrent. Les échanges en dialectes chinois via des applications chinoises et la plupart des prévenus ne maitrisant pas le français, la lutte est difficile. Trouver des pistes et recueillir des témoignages et aveux est une tâche rendue complexe par le problème de l’interprétation.
La coopération est difficile avec les autorités chinoises contre les réseaux criminels chinois en France. Un juge de Paris, ayant requis l’anonymat, déclarait que « coopérer avec un pays comme la Chine est quasiment impossible. Il y a des raisons culturelles à cela, mais aussi parce que nous ne comprenons pas le processus judiciaire utilisé là-bas (en Chine).
C’est également un problème politique. Le juge souligne le manque de transparence des autorités chinoises, il serait « absolument impossible de s’adresser à eux pour obtenir des pistes d’enquête », car « nous n’avons pas affaire à un système démocratique : là-bas, les organisations criminelles sont souvent associées à la vie publique ».
En 2013, le président de République Populaire de Chine, Xi Jinping, a lancé son projet de « Nouvelle route de la soie ». Ce projet a impliqué des investissements chinois dans 14 ports européens dont Nantes, Le Havre et Dunkerque. Le taux de contrôle de marchandises est faible, environ 5 %, pour garantir la fluidité du trafic. Le manque de contrôles rend les trafics et fraudes aisés. D’après la commission européenne, en 2019, l’écart entre la TVA due et celle qui est réellement perçue était de 13 milliards d’euros pour la France, et 140 milliards pour l’ensemble des États membres de l’UE.
Les autorités chinoises ont connaissance des trafics et fraudes sur son territoire et à l’étranger par ses ressortissants. Mais il apparaît qu’elles ne sont pas disposées à lutter activement contre ces groupes criminels. La coopération devient alors laborieuse alors que l’accent n’est pas mis par la Chine sur la répression de ces fraudes.
Alain Rodier, dans son livre Les Triades, la menace occultée (2012) affirmait que « les triades sont des entités très structurées et motrices pour la société chinoise dans son ensemble.» -« Elles apportent à la Chine un atout majeur dans le développement du pays et sa politique économique à l’international. Une sorte d’« arme secrète » qui permet au pouvoir de Pékin de s’affranchir de toutes les règles édictées tout en n’étant jamais impliqué directement puisque ce sont des « sociétés criminelles » qui sont à la manœuvre ».
Cela permet au gouvernement chinois de ne pas être pointé du doigt pour ses activités et les dérives. L’économie de la Chine à l’échelle internationale fonctionne aussi grâce à ces organisations, ce qui expliquerait la difficulté de coopérer avec les autorités chinoises dans le cadre d’enquêtes sur ces groupes criminels.
Perspectives d’avenir, évolution probable
Les organisations criminelles chinoises sont dotées d’une grande capacité de résilience. On peut supposer qu’à l’avenir ces organisations seront en capacité de s’adapter pour subsister malgré les moyens mis en œuvre pour les réprimer. La Chine n’est pas dans un esprit coopératif avec les autorités occidentales tant qu’elle peut aussi y trouver son compte. Aussi longtemps qu’elle touchera une partie des revenus du crime organisé chinois et que l’ordre n’est pas remis en question par les acteurs criminels, il est probable que les groupes criminels perpétuent leur expansion.
Les mafias les plus connues
Les Yakuza seraient la plus grande organisation de crime organisé sans être pour autant secrète. Ainsi, les clans ont pignon sur rue, sous couvert d’une structure de type associatif. Fin 2013, les Yakuza comptaient près de 58 600 membres.
Dans la terminologie légale japonaise, les yakuza sont appelées bōryokudan (暴力団), « groupe violent ». Les yakuzas considèrent ce terme comme une insulte, car il s’applique à n’importe quel criminel.
Les yakuzas suivent le gokudō (voie chevaleresque) comme la règle de ne pas tuer un « katagari » (personne ne faisant pas partie d’un clan mafieux). Ce code d’honneur traditionnel n’est plus vraiment appliqué.
En 2004, une loi rend responsables les chefs de clans en cas de dommages causés à des personnes ou à des biens. Cette mesure a été prise afin de contrecarrer le chantage et le racket. Cette loi a eu pour conséquence une diminution sensible des effectifs.
D’autres mesures pour désorganiser les yakuzas ont fait craindre que le crime organisé par les yakuzas ne se transforme en une criminalité « désorganisée ».
Chez les yakuzas, le tatouage est une institution au même titre que le doigt coupé.
La Solntsevskaya Bratva en Russie
Originaire de Moscou, s’était spécialisée dans le racket, les enlèvements et les assassinats. Elle tire son nom des Cités-dortoirs du sud de Moscou que l’on appelle Solntsevo.
Ce groupe mafieux serait d’ailleurs protégé par l’Etat russe et le FSB.
Mafias américaines
Elles profitent de la Prohibition dans les années 1920 pour entamer un commerce florissant de l’alcool de contrebande. Dans les années 1950, elles sont connues sous le nom de Cosa Nostra, en infiltrant les syndicats et les industries. Le code de l’omerta, ainsi que leur capacité à corrompre et à intimider toutes personnes leur apporte une grande notoriété dans les milieux mafieux.