Espace Cultures

L’objectif de l’Institut du Pacifique est de développer les études et recherches sur la « Région Pacifique », souvent mal connue. Si bien entendu les aspects géopolitiques et économiques, à la fois dans leur globalité et dans leurs composantes nationales, sont toujours privilégiés dans notre cercle, la connaissance des populations et des civilisations est un élément important complémentaire. Nous vous proposons donc une rubrique « culture » qui pourra comporter des fiches de lecture, des comptes-rendus d’expositions, de films ….

Et bien entendu, nous comptons sur la participation de tous les adhérents de notre association.


Un hiver à Wuhan – Alexandre LABRUFFE. Ed. Verticales 2020.

Deux points de vue complémentaires pour inciter à la lecture de l’ouvrage !!

Source : photo Michèle BIETRIX

Ceci n’est pas vraiment une fiche de lecture sur l’ouvrage, plutôt le résultat d’impressions personnelles, de réactions à la lecture de l’ouvrage dans le contexte de la situation internationale des six derniers mois.

« Hallucinant » serait le premier qualificatif que je donnerais à ce récit, avec parfois la crainte de sombrer dans la démence… L’auteur a effectué plusieurs séjours en Chine, et notamment à Wuhan durant les trente dernières années et à des titres divers, travaillant dans différents secteurs (plusieurs entreprises, service culturel français).  Ses multiples expériences vécues lui ont permis de dépeindre, avec humour certes et parfois aussi de manière effrayante, ce qu’il a pu observer et vivre en Chine : chaos, délires, pollutions, mensonges, manipulations, …. et ce qu’il appelle les « illusions de la grandeur chinoise », avec la possibilité d’une catastrophe imminente.

Je me garderai de porter un jugement définitif sur l’ouvrage, mais sa lecture ne peut laisser indifférent, et suscitera des interrogations et des réactions sans doute variables selon les lecteurs.

Hélène Mazeran

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Alexandre Labruffe  est nommé attaché culturel à Wuhan à l’automne 2019.

Là naît l’ambition d’écrire « une fresque  post-apocalyptique barrée, un conte paranoïaque chinois ».

Il a la sensation de vivre dans une ville de science-fiction  et est tout d’abord frappé par le fait que sa collègue prend une photo du ciel au soleil couchant (page de couverture) ! Et cela est rare, mais grâce aux Jeux Militaires Internationaux et pour donner une bonne imagede la ville, toutes les sources de pollution ont été mises à l’arrêt.

Ce récit se déroule sur les 3 périodes chinoises de sa vie nous peignant le quotidien de la population dans un pays à l’urbanisation frénétique où règne une atmosphère où se mêlent ultramoderne, dématérialisation à outrance surveillance, etc.

Il rencontre un Français travaillant pour le laboratoire HighTech P4 qui étudie les virus les plus dangereux…

Arrive UN virus : SRAS, MERS, ou ? Avec tous les évènements l’entourant et le parallèle avec la situation à Wuhan et hors de Chine.

Il pense : « ce que la Chine produit, ce sont des dystopies ».

Michèle Bietrix


Dans un jardin qu’on dirait éternel

Film japonais de 2018 deTatsushi, Omori, sorti en France en 2020.

Source : https://www.premiere.fr/film/Dans-un-jardin-qu-on-dirait-eternel

Ce film, tiré du livre « La cérémonie du thé » de Noriko Morishita[1], nous propose une vision d’un Japon traditionnel sur fond de cérémonie du thé.

Il relate l’histoire de 2 cousines qui terminent leurs études et dont les parents de l’une, Noriko, les poussent à suivre ces cours ancestraux donnés dans la maison traditionnelle de Yokohama de Madame Takeda, maitresse de cérémonie, avec son espace pour se déchausser, ses tatamis, ses « shojis », son foyer.

Chaque cours se déroule dans le cadre d’une saison illustrée par un rouleau accroché au mur, le plus important étant« chaque jour est un bon jour ». Dans le calme et la sérénité d’un jardin variant selon les différentes saisons, la vie dans la maison de thé s’écoule tranquillement rythmée par le son de l’eau qui coule goutte à goutte, sous forme de cascade ou de pluie.

La cérémonie du thé, un des arts emblématiques de la culture japonaise, est imprégnée de l’esprit Zen, largement inspirée des principes d’austérité et de dépouillement. Discipline, rigueur, humilité, éloge de la lenteur caractérisent cette cérémonie dont les rituels ont été codifiés à partir du XVIème siècle.

Ce film peut nous permettre d’appréhender certaines facettes de la société japonaise très influencée par des approches traditionnelles encore profondément ancrées : harmonie avec le cycle des saisons, concentration sur l’instant présent, recherche de la perfection du geste… et constituer une modeste initiation au spectateur.

La place des femmes dans la société japonaise moderne transparaît également : malgré des études,  elles peinent à trouver un épanouissement professionnel en attendant de se marier, choix de Michiko. la cousine de Noriko. Cette dernière, elle, poursuit sur des années ces cours, où chaque séance la rapproche davantage de la maîtrise de cette cérémonie offerte aux invités, mais on ne sait rien du reste de sa vie……

Michèle BIETRIX et Hélène MAZERAN

Pour information : L’Institut du Pacifique envisage d’organiser une cérémonie du thé privée pour ses adhérents.


[1] On pourra aussi lire « Le maître de thé » de Yasushi Inoué (1981).